Cette nuit-là je ne pouvais pas m'endormir. Derrière la fenêtre les profonds ténèbres reignaient partout. Le silence de la rue ensomeillée a levé au-dessus de la tête un revolver brillant, a levé le chien et avec un sourire ironique a tiré avec précision dans le ciel. Le pistolet est resté encore un petit moment dans l'air et est tombé par terre. On a donné ainsi le signal de départ à une grande course sans compromis. A travers le voile gris dessiné par l'explosion d'un obus de poudre, les pensées dans ma tête se sont explosées à la vitesse d'un galop de cheval. Chacune d'elles, comme un courant d'une fumée colorée s'est lancée dans cette course pour arriver la première. Pendant ce trajet elles se mélangeaient entre elles en prenant des formes bizarres. Il n'y avait pas d'obstacles devant elles. C'était pas la première place qu'elles devaient gagner mais c'est le debut de la matinée qui arrivait avec les premiers rayons du soleil d'été.

La toile exposée dans la salle est devenue le miroir de ce qui se passait. Elle ne pouvait plus garder le silence. L'heure est arrivée.

Le sens des reflexions d'un philosophe fou est concentré autour de la dualité du monde dans toutes ses manifestations et la compréhension absolue que l'homme vivant se trouve simultanément dans les deux manifestations de cette dualité. La créativité est considérée alors comme un trajet entre ces deux apparences.

La possibilité de se retrouver à n'importe quel point de cette galaxie permet de faire des esquisses sur les grandes toiles. L'état de transe lors de ce trajet est une manifestation suprême de la fin de l'existance terrestre et de son hébergement sur l'orbite de l'intelligence universelle sans compréhension de son interprétation.

Tout simplement la contemplation et la perception...

Mes tableaux représentent les endroits et les substances où j'étais.

Ce site est un simple reportage sans appareil photo qui n'a pas été pris.


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Tilda